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Le temps de nourrir mon sol

Le temps de nourrir mon sol

Renaître à soi avec Laurent Manuel

Photo by Velizar Ivanov

 

Novembre 2018. J’ai 44 ans.

Mon expérience m’indique que je vais bientôt accoucher d’une nouvelle naissance…à moi-même.

Oui, je suis déjà « en plein travail ».

La preuve, c’est que j’ai ressenti un irrésistible besoin d’écrire les lignes que vous lisez. Alors que je n’ai rien écrit sur mon site depuis plus d’un an.

Pourquoi tout ce temps ?

En jardinage, on sait qu’il faut d’abord nourrir le sol avant de vouloir faire pousser une plante.

Il aura donc fallu ce temps pour nourrir « mon sol ».

En y réfléchissant, j’ai commencé, plus ou moins consciemment, par débarrasser mon sol de ce qu’il n’avait pas besoin. Par exemple, j’ai laissé tomber l’injonction qui venait de je ne sais où de communiquer régulièrement sur mon activité 🙂

J’ai accepté de me concentrer sur l’essentiel. J’ai accepté que cet essentiel varie dans le temps.

A défaut de présence online, j’ai travaillé ma qualité de présence dans la vie réelle. Et, en particulier, ma qualité de présence à moi-même.

Comme un besoin d’explorer au plus profond de ma personne, de me dépouiller un peu plus du superficiel et de vivre une aventure intime à la fois intrigante et inquiétante.

Besoin de déconnecter ? Oui et non !

Oui, car j’avais besoin de me soustraire un peu de mon environnement que je trouve parfois assourdissant et étourdissant.

Non, car il s’agissait pour moi de me connecter davantage à mon monde intérieur, de lui laisser plus de place.

Au départ, j’y ai vu un refuge. Comme pour faire une pause, pour reprendre mon souffle.

Puis, rapidement, j’ai vécu cet apparent retrait vis-à-vis du monde réel comme une source d’énergie et, paradoxalement, de déploiement.

 

« Si tu meurs, pars. Si tu souffres, bouge. Il n’y a pas d’autre loi que le mouvement. Le seul déshonneur, c’est de ne pas être libre. »

Extrait du livre "Ni d'Eve ni d'Adam" d'Amélie Nothomb

 

Cela pourrait être la leçon la plus importante que j’ai apprise ces dernières années : pour changer, il est souvent utile de commencer par se délester.

Dans une montgolfière, cela permet de prendre de la hauteur. Sur terre aussi, cela facilite le mouvement. Moins on traîne de bagages, plus on voyage avec plaisir et fluidité.

Peu importe par quoi on commence. Pour ma part, je n’ai pas fait de hiérarchisation, sachant que tout est lié.

Désencombrer ma penderie a été plus facile que de trier mes affaires au bureau. Mais le processus une fois lancé, toute ma vie a été passée au crible.

Bon alors, qu’est-ce que je garde ? Qu’est-ce que je balance ?

En apparence simple, l’exercice est périlleux et peut remuer sérieusement.

Elaguer ce qui n’a pas de sens, c’est se séparer d’objets, se défaire de certaines habitudes mais aussi couper court aux relations toxiques.

C’est dire non à ce qui n’est pas aligné avec nos aspirations pour mieux dire oui à ce qui est notre essentiel du moment.

C’est donc… hyper flippant !

Même en étant accompagné. Même en étant habitué à accompagner le changement chez les autres. Même si je l’ai déjà fait.

Heureusement, le bien-être que l’on ressent au fur et à mesure qu’on avance vers son essentiel est également palpable.

D’autant qu’en se dépouillant de ce qui nous pèse, on fait de la place pour accueillir ce qui nous nourrit.

C’est là que ça commence à être intéressant…

On croit contrôler mais on ne contrôle rien du tout. La machine s’emballe sans qu’on comprenne vraiment ce qu’il se passe.

Et alors ?

Je sens que je vais bientôt opérer un changement profond sans savoir encore précisément lequel.

J’en suis simplement là aujourd’hui.

Je n’ai envie ni d’accélérer ni de freiner, juste de laisser faire. Juste de « m’accompagner » en prenant soin de me sentir à ma place.

Prendre du plaisir à observer le chemin, se détacher d’un hypothétique objectif : et si c’était ça ma (re)naissance ?

 

 

 

Comments (2)

  1. Mélanie
    Nov 19, 2018

    Bravo Laurent, je suis ravie de lire ces belles phrases. Tes pas sont guidés, avance tranquillement et découvre le chemin. Il ne sera pas toujours facile, mais le mouvement te fais sentir en vie. Je te souhaite plein, plein de découvertes, d’émerveillement, de grandir à chaque pas.

  2. Nov 19, 2018

    Merci Mélanie !
    La dernière fois qu’on s’est croisés, c’était dans les coulisses d’une magnifique salle de spectacles dans laquelle tu chantais et tu étais rayonnante ! Merci aussi pour cela…:)

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